La cosmeteuse

Le monde des cosmétiques épisode 2 été 2013 – LES CONTRÔLES, LES TESTS

LES CONTROLES
ET TESTS

Lors de la mise au point du produit, ce dernier subit
de nombreux contrôles et tests afin d’être conforme aux normes, de pouvoir être
mis en production et finalement être définitivement accepté (c’est-à-dire
validé).


1. La stabilité
Ce sont les 1ers contrôles réalisés sur
chaque essai.
Ils consistent à faire un vieillissement accéléré du
produit afin de prévoir les essais qui pourront durer 30 mois (durée
légale).
Les produits sont soumis à différents contrôles, ils
sont ainsi successivement :
– passés à la centrifugeuse (système permettant de faire tourner le produit
à très grande vitesse) : provoque la chute et le dépôt des particules
(gouttelettes des émulsions, poudres, pigments, nacres…) ;
– placés dans
une étuve (four à chaleur basse) et mis au réfrigérateur :
afin de liquéfier ou cristalliser
les ingrédients;
– observés au microscope : pour visualiser la taille des gouttelettes,
l’absence de cristaux, la transparence… ;
– surveillés sur leur aspect, odeur, couleur (critères
organoleptiques) : qui ne
doivent pas se modifier dans le temps ;
– contrôlés quant à leur viscosité (consistance) : mesurée par des
appareils permettant de chiffrer précisément leur valeur ;
– vérifiés au niveau du pH : qui doit être proche de celui de la peau ou
propre à leur nature et utilisation.

Chaque essai est régulièrement contrôlé dans le temps
afin de suivre son évolution.
Ainsi, les produits dont la stabilité n’est pas garantie sont progressivement
éliminés.
En fin d’étude, seules quelques formules sont
acceptables, dont une seulement sera
validée
par le service marketing. Cette dernière correspond aux objectifs
de qualité et sert donc de référence (témoin). Elle subit ensuite des tests avant d’être produite en
masse.
2. La
bactériologie
Le produit cosmétique doit rester propre
bactériologiquement en conditions d’utilisation
. Cela implique que son
système conservateur doit stopper toute contamination et éviter son éventuelle
évolution.
Lors de ce test, en général cinq types de
micro-organismes bien définis (mélange de bactéries-levures-moisissures)
sont introduits dans le produit afin de vérifier qu’il retrouve très rapidement
son état stérile.
La diminution des micro-organismes est contrôlée
après deux jours, une semaine, deux semaines et un mois suite à sa
contamination. Ce test intitulé « Challenge test » vérifie
l’efficacité du système conservateur.
3. La
tolérance 
Depuis une bonne quinzaine d’années environ, les
firmes cosmétiques n’utilisent plus d’animaux pour tester leurs produits. Et la réglementation
européenne ne l’autorise plus sans exception depuis 2009.
 Des méthodes dites
« alternatives »
ont été mises au point sur des protéines
végétales, des cultures de cellules, ou encore des membranes d’œuf, notamment
pour l’irritation oculaire (IO). Ce
sont les tests in vitro (à l’extérieur
de l’homme, comme dans des béchers, des éprouvettes, etc.).

Après ces premiers tests réalisés et ayant obtenus
des réponses favorables, les produits sont appliqués (pour validation
définitive de l’innocuité) sur l’homme grâce à des méthodes très légiférées
dites « sur volontaires sains ». Il s’agit de tests in vivo (sur les êtres vivants).
Voici les principaux tests in vivo :
– le patch-test :
le produit est appliqué pendant 48 heures sous un pansement occlusif posé dans
le dos. Lors de la lecture, la peau ne doit pas présenter d’irritation à
l’endroit traité. Il est l’équivalent d’un test d’irritation primaire
cutané (IC) ;
– le RIPT (Repeat Insult Patch Test) est une application itérative
(= répétitive). Le produit est réappliqué tous les jours pendant une durée de
trois semaines pour juger sa tolérance en usage continu ;
– la phototoxicité
et la photoallergie : il s’agit
de la vérification de la tolérance du produit à l’exposition solaire, même
involontaire. Le produit est appliqué quotidiennement pendant trois semaines et
le sujet reçoit une dose d’UV en complément.
Il ne doit pas apparaître de taches ou de troubles de
la kératinisation.
4.
L’analyse physico chimique
Chaque matière première est contrôlée en fonction de
ses caractéristiques physico-chimiques. Par exemple : pH, teneur en eau,
indices d’acide, colorimétrie, granulométrie, etc.
Dans chaque produit, on contrôle par dosage la
présence des ingrédients « dangereux » (appartenant aux listes
légales de substances soumises à restriction) ou revendiqués dans les
communications publicitaires. Exemples de produits testés : les filtres
solaires, les conservateurs, les vitamines, les PA, etc.

5. L’efficacité
Les laboratoires sont tenus de se justifier auprès
des services gouvernementaux sur la véracité des textes publiés (publicité,
notice, emballage). Ils sont donc contraints d’effectuer des tests d’efficacité sur leurs produits finis ou les PA.
Il existe deux types de tests :
In vitro :
Ils s’effectuent sur culture de cellules ou, pour les plus aboutis, sur peaux
reconstruites.
La peau artificielle comprend un derme et un épiderme, qui contient lui-même des mélanocytes (cellules
responsables de la pigmentation).
On étudie, par exemple, la relance de la synthèse de
collagène par les fibroblastes, ou la neutralisation des radicaux libres
produits par les UV, etc.
In vivo :
Ce sont des tests plus lourds à mettre en œuvre car il faut réunir un panel de
volontaires parfaitement ciblés pour le produit. Par exemple : des
individus à la peau claire pour des mesures d’indice de protection solaire
(IP), des personnes à peau acnéique pour tester un gel nettoyant purifiant, des
sujets présentant des pattes d’oies pour un soin cosmétique pour le contour de
l’œil, etc.
Ils sont généralement de deux types : Les tests métrologiques sont
réalisés avec des appareils de mesure qui quantifient les paramètres sur
lesquels on désire agir : la profondeur des rides, la couleur des taches
pigmentées, la fermeté de la peau, l’hydratation, le taux de sébum, etc.
Les tests consommateurs : le produit
est utilisé
en condition normale
d’utilisation
et jugé sur son efficacité selon un questionnaire très précis.
Les résultats de ces tests se complètent
et doivent être pris en compte pour juger de la pertinence de la qualité d’un
produit.
6. La
compatibilité
Ces tests déterminent
les éventuelles interactions entre le produit et son emballage.
Les emballages en plastique et les pompes sont
particulièrement susceptibles d’interagir avec les produits qu’ils contiennent.
Comme pour les contrôles de stabilité, on opère à un vieillissement accéléré en étuve.

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