Quel lait utiliser dans un savon SAF ?
Qu’est-il préférable d’utiliser dans un savon SAF, le lait de jument, de vache, de brebis, de chèvre, d’ânesse ….?
J’ai répondu !!! Bonne lecture 😊
C’était donc le moment pour moi de vous livrer mon analyse théorique chimique, pleine de surprises !
Pour mémo, lorsqu’on fait un savon, on réalise une réaction de saponification entre des corps gras végétaux (huiles, beurres généralement) qui est classée comme étant une réaction d’oxydation :
Acides gras des triglycérides + Soude = Savon + Glycérine
Mais que ce passe-t-il entre la soude et les composants des divers lait ?
Un lait quelque soit son origine est constitué : d’eau, de matière grasse, de protéines, de glucides et d’acide lactique.
L’acide lactique est issue de la transformation bactérienne du lactose et de fait témoin de sa fraicheur : La teneur en acide lactique d’un lait est un critère de fraicheur. Si la teneur dépasse 5,0 g/L, le lait caille. Pour un lait frais cette teneur se situe autour de 1,8 g/L.
Plus le lait est frais moins il contient d’acide lactique et plus il est « ancien » plus il y en a.
Il est alors caractérisé par son degré Dornic (D°). 1 D°= 0,1 g d’acide lactique par litre de lait. La mesure de l’acidité se fait par dosage avec de la soude !!!
Maintenant que le décor est en place, revenons en à la fabrication d’un savon surgraissé au lait.
Qd on met en contact du lait et de la soude (INCI* = sodium hydroxyde), elle va tout chambouler….
Indépendamment de la chaleur dégagée sur une courte durée qui va accélérer l’oxydation de toutes les insaturations (c’est à dire double liaison) présentes ds les ingrédients (HE, parfum, HV, BV, PA….).
Les matières grasses du lait qui sont donc des triglycérides, vont aussi être hydrolysées (c.à.d. fragmentées pour libérer alors la fraction glycérine et acides gras d’origine laitière saponifiables).
Donc parallèlement à la saponification végétale du SAF, il y a une saponification des acides gras animaux saturés.
Pour ce qui est de l’acide lactique il va lui, être transformé en lactate de sodium (autrement dit un sel de notre célèbre acide qui est au passage un AHA*) qui sous cette forme est un génial hydratant!!! Plutôt pas mal pour la peau, hyper généreux même. Plus il y en a mieux c’est!
Pour ce qui est de la caséine, elle forme un réseau de micelles particulières qui donnent la consistante au liquide.
Mais en présence de soude, elles vont être elles aussi hydrolysées est réduites en acides aminés salifiés (eux aussi alors hydratants) ou vont se polymériser (c’est pas terrible). De fait, les micelles/globules stabilisés par l’une des caséines (la kappa K) vont être déstabilisées ce qui permettra à la soude de rentrer plus facilement en contact avec les graisses animales.
En bref, utiliser du lait animal ajoute de la matière grasse tout de même saponifiable et des hydratants de type hygroscopique* c.à.d. du même groupe que la glycérine et complémentaire à elle, indépendamment de la partie vitaminique qui selon la nature chimique va aussi être transformée.
Et finalement ?
Si je résonne sur les laits diamétralement opposés dans leur compo : Celui de brebis et celui de jument/ânesse.
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Matière grasse
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Savon
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Glycerine
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Lactose
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Sodium lactate
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lait de brebis
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70-75
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+++
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++
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45-50
|
+
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Lait de jument/ânesse
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10-15
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—
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—
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40-45
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–
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Le lait de brebis étant le plus gras, il risque d’ajouter plus de « savon », plus de glycérine et tout de même être surgraissant. Ayant plus d’acide lactique, il risque d’être légèrement plus humectant…
Dans ce cas il n’est pas nécessaire de rajouter à la formule trop de surgras végétal. Il suffit d’être plus subtil ds la galénique du produit. Tout simplement! Ce qui permet aussi d’utiliser moins d’ingrédients en surgraissage végétal.
Les deux autres laits étant moins gras sont moins sujets à se saponifier, doivent donc être plus stables à l’oxydation. Même s’ils risquent d’être moins surgraissant ils sont un tantinet plus humectant.
La formule devra peut-être, être surgraissée par des huiles végétales en complément. Là encore c’est le travail de la formulation qui doit affiner le bénéfice peau.
Les deux autres laits étant moins gras sont moins sujets à se saponifier, doivent donc être plus stables à l’oxydation. Même s’ils risquent d’être moins surgraissant ils sont un tantinet plus humectant.
La formule devra peut-être, être surgraissée par des huiles végétales en complément. Là encore c’est le travail de la formulation qui doit affiner le bénéfice peau.
Pour valider ma théorie, il faudrait passer à formule égale aux essais labo, maintenant.💁
Mais je n’ai pas encore finis avec ce sujet, et je vous l’avais dit dès le début.
Ma quête du bon pour la peau me laisse penser qu’entre du lait frais et un lait fermenté voir du yaourt, je choisirais les 2 derniers !!! A formule égale !!! 😂
Soyez généreux avec votre peau…
Aromatiquement!!!!
Si vous voulez vous former voici les programmes pour le module SAF et Techniques décoratives/patisavonnerie à découvrir ici Saf shampooing solide et détergence.html techniques décoratives saf.html. Les dates se trouvent dans la marge à droite ou ici calendrier-formations.html.
Si vous voulez être épaulée/coachée c’est par mail : lacosmeteuse@gmail.com
AHA* : Alpha Hydroxy Acide, qui sont des principes actifs dont certains sont hydratants, éclaircissants, kératolytiques, régénérants…


